L'îlot Poreux, Bagneux, 2024

Centre Gilbert Raby, Meulan-en-Yvelines, 2023

Les Ateliers, Angers, 2024

Hôpital l’Eau Vive, Soisy-sur-Seine, 2021

Architecture et Psychiatrie : Des intentions soignantes et architecturales aux usages quotidiens.

Le pôle recherche de l’Atelier d’Architecture Tolila+Gilliland a été créé en 2024 à l’occasion du lancement d’un programme de recherche consacré aux relations entre Architecture et Psychiatrie. Ces relations sont interrogées autour des transformations concomitantes entre les formes de soins et les formes bâties.
Ce programme a été initié par la Fondation L’Élan Retrouvé, qui en assure à la fois le portage et le financement partiel. La recherche est menée en partenariat entre une équipe architecte de l’Atelier d’architecture Tolila+Gilliland et une équipe en sciences humaines et sociales de la Plateforme de Recherche sur la Santé Mentale et le Handicap Psychique (PRSM-HP).

À travers des recherches et des chantiers conduits en dialogue étroit avec le monde médical depuis plus de vingt ans, l’Atelier Tolila+Gilliland a conçu plusieurs lieux thérapeutiques, dont trois projets réalisés en concertation entre équipes médicales et équipes architectes : un Hôpital de jour destiné aux enfants autistes à Chevilly-Larue, un Foyer d'accueil médicalisé pour adultes avec autisme à Soisy-sur-Seine, ainsi qu’un bâtiment d'Ateliers thérapeutiques pour adultes en addictologie à Meulan-en-Yvelines (qui a reçu l’Équerre d’argent dans la catégorie « lieux d’activité » en 2023). Ces expériences ont été documentées dans un ouvrage publié en 2025 aux Éditions deux-cent-cinq, "Architecture patiente. Lieu de soin et soin du lieu".

Equipe :

PRSM-HP
Stéphane Aymard
Jad Sammouri
Alain Leplege

Atelier Tolila+Gilliland
Bérénice Bourgoin
Gaston Tolila
Nicholas Gilliland

  • Comment les projets de soin ont transformé les architectures en Psychiatrie ?
  • Comment les architectures (typiques, atypiques, pilotes, expérimentales, innovantes) ont transformé les projets de soin ?

Depuis le début des années 2000, l’environnement est pensé comme une dimension cruciale dans le processus de production du handicap, pouvant favoriser ou empêcher l’autonomie et la participation sociale des personnes, dépassant ainsi la logique individuelle de la maladie. L’architecture étant l’environnement des personnes et de leurs pathologies, elle semble ainsi pouvoir résoudre la tension inhérente à la prise en charge de la maladie mentale : entre protection et autonomie. 

Nous centrons notre étude sur les usagers qui vivent quotidiennement dans les établissements médico-sociaux et dans les établissements sanitaires, afin d’analyser les évolutions des relations entre les espaces conçus et les espaces vécus.

Ce travail est théorique et ethnographique. Théorique pour interroger l’attribution d’une fonction soignante à l’architecture et ethnographique, dans le cadre de visites et d’entretiens, pour comprendre les usages soutenus et/ou contraints par l’architecture et les besoins et ressentis des personnes.

  • Les démarches participatives font elles parties du fonctionnement de l’agence, notamment sur le sujet de la psychiatrie ?

En conception, la concertation permet non pas simplement d’adapter le projet architectural à un programme médical préexistant, mais plutôt d’élaborer un projet intermédiaire issu d’un processus d’ajustements réciproques : le projet architectural peut contribuer à ouvrir ou assouplir certaines dimensions du projet médical tandis que ce dernier justifie des choix architecturaux spécifiques.
Le programme de recherche Architecture et Psychiatrie s’inscrit également dans une démarche participative dans la continuité de ces démarches de concertation. Au cours d'entretiens de terrains empiriques, les usagers sont invités à représenter librement, sur des feuilles blanches, les espaces de soin et de vie tels qu’ils les perçoivent ou tels qu’ils les désirent.
Les réflexions issues de ce programme de recherche et des enquêtes de terrain alimentent ensuite les projets hospitaliers de l’agence. Elles permettent notamment de transmettre à l’équipe d’architectes les besoins, usages et ressentis exprimés par les utilisateurs lors des enquêtes de terrain, afin d’enrichir la conception architecturale à partir de ces retours d’expérience.

  • Qu’est ce qui définit selon vous une architecture du soin aujourd’hui ?

À l’Atelier, nous parlons plutôt d’une Architecture qui "contribuerait au soin"dans le sens qu’elle contribuerait au « bien être » des personnes, voire déjà, au « mieux être » de celles-ci. Nous ne partageons pas l’idée d’une architecture « qui soigne ». L’architecture est susceptible - par les espaces qu’elle ouvre ou qu’elle ferme - de provoquer la relation comme de répondre à un besoin de retrait et d’intimité. Ainsi, elle peut créer « des relations de soin », des temps/espaces potentiels suffisamment souples et diversifiés pour répondre aux besoins de tous.
Nous sommes convaincus qu’une Architecture « de soin » n’est pas rigide, ni unique, et ne peut supporter un seul modèle (ce qu’a pu supporter l’idée d’une architecture qui soigne).

Elle doit être spécifique dans le sens d’être « adaptée » et pouvoir de pouvoir s’adapter aux évolutions des besoins, des pratiques et des philosophies de soin. Pour cela, une architecture « de soin » doit être suffisamment ouverte sur l’extérieur afin d’ouvrir les horizons des personnes et les inviter au dehors tout en restant contenante pour leur offrir des limites sensorielles parfois perdues et garantir le développement de leur autonomie et leur exploration en sécurité.

Elle doit proposer des espaces « de jeu » intermédiaires, afonctionnel (Perec. G, 1974), capables de soutenir des usages spontanés, diversifiés, jusqu’à soutenir l’absence d’usage afin de créer les conditions de créativité et de participation qui rendent le patient acteur de sa prise en soin et de son quotidien.

Enfin, ses matérialités doivent être le plus naturelles possibles pour renouer avec des sensations souvent anesthésiées par l’hôpital et pour éloigner l’image de l’univers hospitalier froid, par des teintes chaleureuses qu’offrent des matériaux comme le bois, la terre, etc. Ces matériaux sains, sont aussi garants de l’éveil sensoriel et du confort des personnes (patientes et professionnelles), nécessaire dans un contexte de soin.

Ces lignes de conception, nous permettent à l’Atelier, en tant qu’architectes, de (re)donner une dimension relationnelle à l’espace fonctionnel de l’architecture hospitalière.

  • Comment les projets de soin ont transformé les architectures en Psychiatrie ?
  • Comment les architectures (typiques, atypiques, pilotes, expérimentales, innovantes) ont transformé les projets de soin ?

Depuis le début des années 2000, l’environnement est pensé comme une dimension cruciale dans le processus de production du handicap, pouvant favoriser ou empêcher l’autonomie et la participation sociale des personnes, dépassant ainsi la logique individuelle de la maladie. L’architecture étant l’environnement des personnes et de leurs pathologies, elle semble ainsi pouvoir résoudre la tension inhérente à la prise en charge de la maladie mentale : entre protection et autonomie. 

Nous centrons notre étude sur les usagers qui vivent quotidiennement dans les établissements médico-sociaux et dans les établissements sanitaires, afin d’analyser les évolutions des relations entre les espaces conçus et les espaces vécus.

Ce travail est théorique et ethnographique. Théorique pour interroger l’attribution d’une fonction soignante à l’architecture et ethnographique, dans le cadre de visites et d’entretiens, pour comprendre les usages soutenus et/ou contraints par l’architecture et les besoins et ressentis des personnes.

  • Les démarches participatives font elles parties du fonctionnement de l’agence, notamment sur le sujet de la psychiatrie ?

En conception, la concertation permet non pas simplement d’adapter le projet architectural à un programme médical préexistant, mais plutôt d’élaborer un projet intermédiaire issu d’un processus d’ajustements réciproques : le projet architectural peut contribuer à ouvrir ou assouplir certaines dimensions du projet médical tandis que ce dernier justifie des choix architecturaux spécifiques.
Le programme de recherche Architecture et Psychiatrie s’inscrit également dans une démarche participative dans la continuité de ces démarches de concertation. Au cours d'entretiens de terrains empiriques, les usagers sont invités à représenter librement, sur des feuilles blanches, les espaces de soin et de vie tels qu’ils les perçoivent ou tels qu’ils les désirent.
Les réflexions issues de ce programme de recherche et des enquêtes de terrain alimentent ensuite les projets hospitaliers de l’agence. Elles permettent notamment de transmettre à l’équipe d’architectes les besoins, usages et ressentis exprimés par les utilisateurs lors des enquêtes de terrain, afin d’enrichir la conception architecturale à partir de ces retours d’expérience.

  • Qu’est ce qui définit selon vous une architecture du soin aujourd’hui ?

À l’Atelier, nous parlons plutôt d’une Architecture qui "contribuerait au soin"dans le sens qu’elle contribuerait au « bien être » des personnes, voire déjà, au « mieux être » de celles-ci. Nous ne partageons pas l’idée d’une architecture « qui soigne ». L’architecture est susceptible - par les espaces qu’elle ouvre ou qu’elle ferme - de provoquer la relation comme de répondre à un besoin de retrait et d’intimité. Ainsi, elle peut créer « des relations de soin », des temps/espaces potentiels suffisamment souples et diversifiés pour répondre aux besoins de tous.
Nous sommes convaincus qu’une Architecture « de soin » n’est pas rigide, ni unique, et ne peut supporter un seul modèle (ce qu’a pu supporter l’idée d’une architecture qui soigne).

Elle doit être spécifique dans le sens d’être « adaptée » et pouvoir de pouvoir s’adapter aux évolutions des besoins, des pratiques et des philosophies de soin. Pour cela, une architecture « de soin » doit être suffisamment ouverte sur l’extérieur afin d’ouvrir les horizons des personnes et les inviter au dehors tout en restant contenante pour leur offrir des limites sensorielles parfois perdues et garantir le développement de leur autonomie et leur exploration en sécurité.

Elle doit proposer des espaces « de jeu » intermédiaires, afonctionnel (Perec. G, 1974), capables de soutenir des usages spontanés, diversifiés, jusqu’à soutenir l’absence d’usage afin de créer les conditions de créativité et de participation qui rendent le patient acteur de sa prise en soin et de son quotidien.

Enfin, ses matérialités doivent être le plus naturelles possibles pour renouer avec des sensations souvent anesthésiées par l’hôpital et pour éloigner l’image de l’univers hospitalier froid, par des teintes chaleureuses qu’offrent des matériaux comme le bois, la terre, etc. Ces matériaux sains, sont aussi garants de l’éveil sensoriel et du confort des personnes (patientes et professionnelles), nécessaire dans un contexte de soin.

Ces lignes de conception, nous permettent à l’Atelier, en tant qu’architectes, de (re)donner une dimension relationnelle à l’espace fonctionnel de l’architecture hospitalière.